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Combien dois-je donner de parts à mon associé ?

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Publié le 04/06/2020

 



Lorsque tu recherches un associé pour ton projet, se pose rapidement la question des termes de votre association. Dans la plupart des cas, vous décidez de vous répartir le capital de l’entreprise que vous allez créer. Il va donc falloir définir combien de part donner à chaque associé en veillant à ne léser personne en cours de route. Dans cet article nous revenons dans les détails sur ce qui implique la répartition du capital et nous te donnons des conseils pour veiller à ce que cette étape se passe au mieux.

Quantifier les apports

L’un des moyens les plus objectifs pour réaliser la répartition du capital consiste à analyser, de la façon la plus rigoureuse possible, l’apport de chaque associé à la société. Nous allons voir comment approcher ce problème avec une situation concrète.

Prenons l’exemple de Pierre et Marie qui décident ensemble de lancer dans la création d’une plateforme web de vente de boisson. En faisant le point avec eux, on a réussi à comprendre ce que chacun apportait au projet :

 

  • Pierre est développeur, il va donc créer gratuitement la plateforme. Il a également quelques milliers d’euros de côté qu’il compte utiliser pour faire de la publicité et payer les serveurs d’hébergement.
  • Marie a travaillé pendant 10 ans dans le service achat d’un grand groupe, elle connaît bien les fournisseurs de boissons et sait comment avoir les meilleurs prix sur les produits. Elle dispose également d’un grand garage qui pourra faire office d’entrepôt.

 

Maintenant que l’on a une vision claire de l’apport de chacun, nous allons tenter de tout convertir dans un système commun : l’argent.

Commençons par Pierre, en cherchant à évaluer combien « vaudrait » la plateforme qu’il va développer en équivalent euros. Pour cela, en se référant à notre article combien coûte un développeur, on peut estimer la plateforme développée par Pierre à environ 30 000€. En y ajoutant les 2 000€ qu’il apporte sous forme d’argent, Pierre apporte un total à l’entreprise de 32 000€.

Pour Marie, il s’agit d’un calcul un peu plus complexe, car on doit donner une valeur à son CV, ses compétences et non une tâche prédéfinie. Afin d’avoir une estimation, il va falloir tenter d’imaginer combien d’argent Marie pourrait faire gagner à la société. Dans ce cas précis, on va imaginer que Marie va permettre grâce à ses talents de négociatrice de faire gagner à l’entreprise 10% de marge supplémentaire pendant 3 ans. Sachant que l’entreprise a prévu de vendre 50 000 bouteilles par an à 2 € l’unité, on peut estimer que Marie va faire gagner 30 000€ à la société. Son petit garage ayant une valeur locative de 800€ par an, il vient ajouter au compteur 2 400€ qui font un total de 32 400 € pour Marie.

Trois hommes se serrant la main

Bien sûr, il y a encore beaucoup de choses peu concrètes que l’on pourrait prendre en compte comme la personne ayant eu l’idée du projet ou celle qui a proposé le logo.

Après ce petit exemple, tu te rends peut-être compte du problème de fond que cela soulève ? Oui ! Ces calculs ne sont pas exacts et pourraient donner des résultats très différents en changeant quelques petits paramètres que l’on admet au départ du raisonnement. Tu viens de mettre le doigt sur un point essentiel de la répartition du capital : il s’agit d’une négociation.

Bien négocier la répartition du capital

Maintenant que l’on a vu qu’il est difficile d’aborder la répartition du capital de façon purement rationnelle en cherchant à donner une valeur chiffrée à chaque apport, intéressons-nous à la partie émotionnelle de ce problème.

Dans le langage commun, on a souvent tendance à associer une bonne négociation avec le fait d’en tirer le maximum d’avantages pour sa partie : « Il a réussi à acheter ce four 100€ alors qu’il était affiché à 380€, il doit être super bon négociateur ». Pour notre situation on pourrait penser que cela fonctionne de la même façon, mais on risque de tomber dans un piège classique.

Une négociation, c’est plusieurs parties qui cherchent bougent un curseur jusqu’à trouver une zone dans laquelle ce curseur satisfait toutes les parties. Dans le cas de notre achat de four par exemple, l’acheteur va chercher à tirer le curseur du prix vers le bas, jusqu’à effleurer la zone dans laquelle le vendeur ne veut plus vendre son four. L’objectif est donc d’arriver à un prix le plus bas possible qui permet au four de se vendre.

Si on revient à notre problème de répartition du capital, on serait tenté de faire la même chose, maximiser nos parts dans la société en minimisant celles des autres tout en trouvant un contrat qu’ils acceptent de signer. Si cette méthode est à la plus efficace dans une situation de « One shot », elle est loin d’être la meilleure stratégie quand tu cherches à construire une relation de confiance sur le long terme. Si tu tentes de maximiser ton profit personnel, tu vas forcément modifier l’image que tes associés ont de toi et cela pourrait bien te coûter bien plus cher dans le futur que les 5% de la société supplémentaire que tu as gagné.

Le commissaire aux apports

Si tu désires qu’une main impartiale se charge de donner une valeur la plus exacte possible à des apports en nature lors de la création d’une entreprise, tu peux faire appel à un commissaire aux apports. C’est un professionnel dont la mission est de chiffrer les apports en nature des associés d’une entreprise.

À retenir

En conclusion de cet article, on te laisse méditer sur une citation d’Oussama Ammar : « Je préfère avoir une petite part d’un énorme gâteau que la moitié d’un minuscule ». Cette phrase résume bien les différents points qu’on aborde dans cet article :

 

  • Tenter de quantifier les apports pour avoir une vision objective et une base de débat
  • Créer une négociation dans laquelle on cherche à rendre chaque associé satisfait de la répartition
  • Recourir à un commissaire aux apports si nécessaire

 

 

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